IntérieursLecture : 7 minutesPublié le 4 avril 2026
Rédigé par l’équipe de Construction AIM, entrepreneur général titulaire d’une licence de la RBQ
Une infiltration par la toiture, un puits de lumière qui coule ou un dégât d’eau mal asséché, et la moisissure s’installe dans les plafonds et les murs, souvent hors de vue. La décontamination de la moisissure ne se résume pas à nettoyer une tache : il faut corriger la source d’eau, confiner la zone, retirer les matériaux atteints et vérifier le résultat. La norme IICRC S520 sert de référence pour chacune de ces étapes.
Pourquoi la moisissure apparaît après une infiltration
Les moisissures ont besoin de trois choses pour se développer : de l’eau ou une humidité excessive, des éléments nutritifs et une température appropriée, soit de 10 à 40 °C selon la CNESST. Le papier du gypse, le bois et la poussière fournissent les nutriments ; l’infiltration fournit l’eau.
Le papier du gypse, le bois et la poussière fournissent les nutriments ; l’infiltration fournit l’eau.
Le temps joue contre vous. Les fiches d’information du réseau de la santé québécois recommandent d’assécher les lieux dans les 24 à 48 heures après un dégât d’eau ; passé ce délai, la moisissure peut se développer si des matériaux restent imbibés. Et une infiltration lente, par un solin ou un drain de toit, peut mouiller un plafond pendant des mois avant d’être remarquée.
Ce que prévoit la norme IICRC S520
L’ANSI/IICRC S520 est une norme américaine de procédure pour la décontamination professionnelle de la moisissure dans les bâtiments ; sa quatrième édition date de 2024. Elle peut être exigée comme référence dans un devis de décontamination. Pour les habitations, la norme québécoise BNQ 3009-600, publiée en 2020, encadre aussi l’investigation et la décontamination ; elle est d’application volontaire.
La S520 décrit trois conditions :
- Écologie normaleCondition 1L’écologie fongique normale d’un bâtiment semblable, avec quelques spores déposées.
- Spores déposéesCondition 2Une zone surtout contaminée par des spores ou des fragments qui proviennent d’une zone de condition 3.
- Croissance réelleCondition 3Une croissance réelle de moisissure, active ou dormante, visible ou cachée.
- 24 à 48 hpour assécher les lieux après un dégât d’eau, selon le réseau de la santé
- Condition 1l’état que la décontamination doit rétablir, selon la S520
L’objectif de la décontamination est de ramener les zones touchées à la condition 1.
Ses grands principes : protéger les travailleurs et les occupants, documenter chaque étape, corriger le problème d’humidité, retirer physiquement la contamination à l’intérieur d’un confinement, puis vérifier le résultat. Le retrait physique est la méthode principale ; un produit chimique ou une peinture « scellante » ne remplace pas le retrait.
Les étapes d’une décontamination de moisissure
- Évaluer et corriger la source. On trouve d’où vient l’eau et on la fait cesser : réfection d’étanchéité, solins, drains. Sans cette étape, la moisissure reviendra.
- Dépister l’amiante et le plomb. Dans un bâtiment ancien, les plafonds et les cloisons à ouvrir peuvent en contenir. On fait analyser des échantillons avant tout dégarnissage.
- Confiner la zone. Cloisons étanches en polyéthylène, sas d’entrée et obturation des grilles de ventilation empêchent les spores de migrer vers les aires propres.
- Mettre en pression négative. Un épurateur d’air muni d’un filtre HEPA, qui retient au moins 99,97 % des particules de 0,3 micromètre, aspire l’air de la zone confinée pour que les spores ne s’en échappent pas.
- Retirer les matériaux poreux atteints. Gypse, isolant, tuiles de plafond et tapis contaminés sont découpés jusqu’aux parties saines, ensachés dans la zone confinée et éliminés.
- Nettoyer les surfaces qui restent. Aspiration HEPA et essuyage des structures, des surfaces non poreuses et des éléments de bois qui peuvent être conservés.
- Assécher. Les matériaux conservés doivent revenir à un taux d’humidité normal avant d’être refermés.
- Vérifier. Inspection visuelle, contrôle de l’humidité et, selon le cas, essais de qualité de l’air, avant la fermeture des plafonds et des murs.
- Reconstruire. Gypse neuf, tirage de joints, apprêt et peinture.
Protéger les travailleurs et les occupants
L’inhalation de spores peut provoquer irritation des voies respiratoires, toux, maux de tête ou aggravation de l’asthme. Les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes qui ont des maladies respiratoires, des allergies ou de l’asthme sont plus vulnérables.
Pour les travailleurs, la CNESST recommande des gants de nitrile à usage unique et un appareil de protection respiratoire de type N95. Selon l’ampleur des travaux, un masque complet avec filtre N100 ou P100 peut être nécessaire, et des vêtements de protection sont indiqués au-delà de 10 m². Pour les occupants, le confinement et la pression négative sont les premières protections ; une relocalisation temporaire peut être envisagée pour les zones touchées.
Les essais de qualité de l’air : utiles, mais pas une fin en soi
L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) rappelle qu’il n’existe pas de valeur de référence pour les moisissures dans l’air intérieur et que l’échantillonnage de l’air ne permet pas d’évaluer les risques pour la santé des occupants. La présence de moisissure visible et d’humidité excessive est un meilleur indicateur. Santé Canada recommande de nettoyer toute moisissure qui pousse dans une habitation, peu importe l’espèce.
Les essais d’air gardent pourtant leur place à la fin des travaux. La S520 prévoit une vérification après décontamination, idéalement par un professionnel de l’environnement intérieur indépendant de l’entrepreneur. Combinés à l’inspection visuelle, ces essais aident à confirmer que la zone peut être refermée.
Quand faire appel à des professionnels
Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), dans sa fiche destinée au public, conseille de faire appel à une entreprise spécialisée lorsque la moisissure couvre plus d’un mètre carré ou qu’on la soupçonne à l’intérieur d’un mur ou d’un plafond. Une infiltration par la toiture, un bâtiment occupé ou des matériaux anciens à ouvrir sont d’autres bonnes raisons de confier le travail à une équipe qui connaît le confinement et les règles de la CNESST.
Comment Construction AIM procède
- Visite et évaluation. Nous repérons la source d’humidité, l’étendue probable des dommages et les contraintes d’occupation.
- Soumission détaillée. Correction de la source, confinement, pression négative, aspiration HEPA, retrait des matériaux atteints, essais de qualité de l’air et réfection des finis y sont détaillés, avec les exclusions et les conditions.
- Dépistage avant dégarnissage. L’amiante et le plomb sont dépistés en laboratoire accrédité ; un retrait éventuel fait l’objet d’un avenant approuvé par écrit.
- Décontamination selon l’IICRC S520 et la CNESST. Plan de gestion des matériaux contaminés, protection des travailleurs et des occupants.
- Vérification avant fermeture. Essais de qualité de l’air et de moisissure avant de refermer les plafonds.
- Remise en état et réception. Gypse, joints, apprêt et peinture, puis visite finale et garantie écrite selon le type de travaux.
Questions fréquentes
Peut-on simplement traiter la moisissure avec un produit ou une peinture ?
Non. Selon la norme IICRC S520, le retrait physique de la contamination est la méthode principale ; un produit ou un scellant ne le remplace pas. Pour le nettoyage de surfaces, la CNESST recommande l’eau et un savon ou un détergent plutôt que l’eau de Javel.
Faut-il toujours enlever le gypse atteint ?
Le gypse est un matériau poreux : une fois colonisé, il ne se nettoie pas de façon fiable. Les fiches du réseau de la santé recommandent de jeter les matériaux poreux abîmés par l’eau, comme le gypse, l’isolant et le tapis.
Combien de temps dure une décontamination ?
Cela dépend de la superficie, de l’accès, de l’occupation des lieux et du temps de séchage. L’échéancier figure dans la soumission, et la vérification finale fixe le moment où l’on peut refermer.
Qui fait les essais de qualité de l’air ?
Idéalement, un professionnel de l’environnement intérieur indépendant de l’entrepreneur qui fait la décontamination, comme le prévoit la S520. Les échantillons sont analysés par un laboratoire.
Combien coûte une décontamination de moisissure ?
Nos prix sont établis à partir des taux de salaire en vigueur de la Commission de la construction du Québec (CCQ), fixés par les conventions collectives du secteur visé (résidentiel, institutionnel et commercial, industriel), auxquels s’ajoutent les matériaux et l’équipement propres à chaque chantier. Chaque soumission est gratuite, détaillée et préparée après une visite des lieux.
Parlons de votre projet
Une infiltration a laissé des traces de moisissure dans vos plafonds ou vos murs ? Nous évaluons la source, l’étendue des dommages et la méthode à suivre, puis nous préparons une soumission gratuite après visite, à Montréal, à Laval, sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord.
Portée de ce guide. Ce contenu est de nature générale. Il ne remplace ni une visite des lieux, ni l’avis d’un ingénieur ou d’un autre professionnel portant sur un bâtiment précis. La portée, le prix et les conditions de tous travaux sont établis uniquement dans une soumission écrite.

