Remplacement d’une colonne porteuse ou d’un mur au sous-sol : l’étaiement expliqué

Étais métalliques temporaires qui soutiennent le plancher pendant le remplacement d’une colonne porteuse, chantier de rénovation à Montréal

FondationsLecture : 7 minutesPublié le 24 novembre 2025

Rédigé par l’équipe de Construction AIM, entrepreneur général titulaire d’une licence de la RBQ

Une colonne rouillée, un poteau de bois qui s’écrase, un mur d’escalier qui fléchit : au sous-sol, ces éléments portent souvent une partie des planchers de tout le bâtiment. Le remplacement d’une colonne porteuse ou d’un mur porteur se fait de façon sécuritaire à une condition : soutenir la structure pendant les travaux grâce à un étaiement bien pensé. Voici comment se déroule ce type de chantier, du rôle de l’ingénieur jusqu’à la finition.

Comprendre le chemin des charges

Dans un bâtiment, les charges descendent toujours vers le sol. Les solives (les pièces de bois qui forment le plancher) s’appuient sur une poutre ou sur un mur porteur. La poutre s’appuie sur des colonnes. Chaque colonne repose sur une semelle, un bloc de béton placé sous la dalle, qui répartit la charge sur le sol.

Si un maillon faiblit, tout ce qui se trouve au-dessus en subit les effets : planchers qui s’affaissent, portes qui frottent, fissures dans les finis des étages. Remplacer ce maillon, c’est intervenir sur la structure, même quand le travail semble se limiter à « un poteau ».

Signes qu’une évaluation s’impose

  • Colonne d’acier rouilléeColonne d’acier très rouillée à la base, souvent là où l’eau s’accumule.
  • Poteau de bois abîméPoteau de bois pourri, fendu ou écrasé.
  • Colonne sans semelleColonne posée directement sur la dalle, sans semelle apparente, ou dalle fissurée autour de la base.
  • Plancher qui penchePlancher qui penche ou qui rebondit au-dessus de la colonne ou du mur.
  • Mur porteur déforméMur porteur ou mur d’escalier déformé, gonflé ou abîmé par l’humidité.

Ces signes ne constituent pas un diagnostic. Ils justifient une évaluation par un ingénieur en structure.

Remplacement d’une colonne porteuse : ingénieur, plans et permis

Au Québec, la Loi sur les ingénieurs réserve aux ingénieurs la préparation des plans des éléments structuraux d’un bâtiment. L’exception vise les petits bâtiments conçus entièrement selon les solutions prescrites de la partie 9 du Code national du bâtiment. Selon l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), des travaux de rénovation n’échappent à ces règles que s’ils ne modifient pas les éléments porteurs. Or, retirer une colonne ou un mur porteur, c’est justement modifier un élément porteur.

À Montréal, un permis est exigé pour les travaux qui touchent les murs ou les fondations d’un logement, et la Ville demande des plans de structure signés et scellés par un ingénieur lorsque la structure est touchée. À Laval, sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord, les exigences varient selon la municipalité : une vérification auprès du service de l’urbanisme s’impose avant de commencer.

Concrètement, l’ingénieur membre de l’OIQ détermine :

  • la charge que porte l’élément à remplacer ;
  • la nouvelle colonne (acier ou bois), la poutre au besoin et la semelle (dimensions, béton, armature) ;
  • la méthode d’étaiement, lorsque la situation l’exige ;
  • les vérifications à faire pendant les travaux.

L’étaiement temporaire : le principe

L’étaiement consiste à installer des supports provisoires qui reprennent les charges pendant qu’on retire l’élément porteur. Au sous-sol, il prend souvent la forme d’un mur temporaire : une lisse basse posée au sol, des montants verticaux et une lisse haute serrée sous les solives. Ce mur est construit près de l’élément à retirer, en laissant assez d’espace pour travailler.

Quelques principes guident un bon étaiement :

  • Un appui solideLes supports temporaires reportent la charge sur la dalle. Si celle-ci est mince ou fissurée, on répartit la charge avec des madriers ou un appui provisoire.
  • Installer avant de retirerL’étaiement est mis en place et ajusté avant toute démolition, jamais pendant.
  • Reprendre la charge sans souleverLes supports doivent prendre contact franchement avec la structure, sans soulever le plancher : un soulèvement brusque peut fissurer les finis des étages.
  • Stabilité latéraleLe Code de sécurité pour les travaux de construction exige que tout ouvrage temporaire soit suffisamment contreventé pour résister aux charges. Des contreventements, c’est-à-dire des pièces posées en diagonale, empêchent les montants de basculer.
  • Retirer en dernierL’étaiement reste en place jusqu’à ce que le nouvel élément soit installé et, s’il y a une semelle neuve, jusqu’à ce que le béton ait atteint la résistance demandée par l’ingénieur.

Les étapes types d’un remplacement de colonne et de semelle

  1. Protection des lieux : dégagement de l’aire de travail, protection des planchers et des biens, contrôle de la poussière.
  2. Étaiement de la poutre de part et d’autre de la colonne.
  3. Retrait de la colonne existante.
  4. Ouverture de la dalle et excavation à la profondeur prévue aux plans.
  5. Semelle neuve : coffrage, armature s’il y a lieu, coulée du béton, puis délai de cure (le temps nécessaire pour que le béton durcisse).
  6. Colonne neuve : installation, mise d’aplomb, ajustement sous la poutre et fixation en haut et en bas selon les plans.
  7. Retrait graduel de l’étaiement et vérification du plancher.
  8. Réfection de la dalle autour de la base et nettoyage.

Le cas du mur d’escalier au sous-sol

Il arrive que le mur qui encadre l’escalier du sous-sol supporte aussi une partie du plancher du rez-de-chaussée. Lorsqu’il est déformé ou abîmé, son remplacement suit une séquence semblable :

  1. mise en place d’un mur temporaire pour soutenir la structure ;
  2. démolition de l’ancien mur ;
  3. construction d’un nouveau mur autour de l’escalier ;
  4. travaux de plâtrage et de peinture.

La difficulté tient à l’espace restreint : le mur temporaire doit laisser assez de place pour démolir et reconstruire, et l’accès à l’escalier doit être planifié.

Comment Construction AIM procède

  • Visite et évaluation : nous examinons l’élément à remplacer, la dalle, l’accès et les finis touchés, ainsi que le rapport de votre ingénieur s’il existe.
  • Soumission détaillée : travaux inclus (étaiement, démolition, semelle, colonne ou mur neuf, finition), exclusions techniques et administratives, conditions et échéancier. Les permis municipaux sont exclus de nos soumissions : vous les obtenez, ou nous les coordonnons avec vous.
  • Coordination avec votre ingénieur : nous exécutons les travaux selon ses plans signés et scellés et nous lui signalons toute condition différente de ce qui était prévu.
  • Conditions cachées : ce qui ne pouvait pas être vu à la visite (semelle absente, solives pourries, fissure additionnelle) est documenté, puis fait l’objet d’un avenant, c’est-à-dire une modification écrite au contrat, que vous approuvez avant l’exécution.
  • Exécution conforme : Code de construction du Québec, règles de la CNESST et règlements municipaux, main-d’œuvre rémunérée selon les taux de la CCQ.
  • Réception des travaux avec vous, une fois l’étaiement retiré et les finis refaits.

Questions fréquentes

Combien coûte le remplacement d’une colonne porteuse ?

Nos prix sont établis à partir des taux de salaire en vigueur de la Commission de la construction du Québec (CCQ), fixés par les conventions collectives du secteur visé (résidentiel, institutionnel et commercial, industriel), auxquels s’ajoutent les matériaux et l’équipement propres à chaque chantier. Chaque soumission est gratuite, détaillée et préparée après une visite des lieux.

Combien de temps dure le chantier ?

Tout dépend de l’ampleur des travaux et, surtout, de la semelle. Si une semelle neuve est coulée, il faut attendre que le béton atteigne la résistance fixée par l’ingénieur avant de lui transférer la charge. L’échéancier précis figure dans notre soumission, après la visite.

Peut-on rester dans le logement pendant les travaux ?

Généralement, oui : l’étaiement maintient la structure en place et les travaux se concentrent au sous-sol. Prévoyez du bruit, de la poussière contrôlée et un accès limité à la zone de travail.

Qui s’occupe du permis ?

Le permis est généralement obtenu par le propriétaire, ou coordonné avec nous. À Montréal, la demande doit être accompagnée de plans de structure signés et scellés par un ingénieur. Les frais de permis ne font pas partie de nos soumissions.

Que se passe-t-il si on découvre un autre problème en cours de route ?

Nous arrêtons la partie des travaux concernée, nous documentons la situation avec photos et nous en informons votre ingénieur. Sa solution est ensuite chiffrée dans un avenant écrit, que vous approuvez avant que nous poursuivions.

Parlons de votre projet

Une colonne ou un mur du sous-sol vous inquiète ? Nous visitons les lieux et vous remettons une soumission gratuite et détaillée, préparée après la visite. Nous intervenons à Montréal, à Laval, sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord.

Demander une soumission gratuite(514) 654-9184

Portée de ce guide. Ce contenu est de nature générale. Il ne remplace ni une visite des lieux, ni l’avis d’un ingénieur ou d’un autre professionnel portant sur un bâtiment précis. La portée, le prix et les conditions de tous travaux sont établis uniquement dans une soumission écrite.