Refaire la toiture d’un bâtiment patrimonial : pose sans flamme, étaiement et amiante

Bâtiment patrimonial à tourelle couvert d’échafaudages pendant la réfection de sa toiture, un type de chantier que l’on mène à Montréal et dans ses environs

ToitureLecture : 7 minutesPublié le 27 septembre 2026

Rédigé par l’équipe de Construction AIM, entrepreneur général titulaire d’une licence de la RBQ

Refaire la toiture d’un bâtiment patrimonial ne se résume pas à changer une membrane. Une charpente de bois ancienne, des matériaux d’époque qui peuvent contenir de l’amiante, un statut de protection et, souvent, des bureaux occupés sous le toit : chaque élément influence la méthode. Voici les points à planifier pour que la réfection protège le bâtiment au lieu de le mettre en danger.

Ce qui rend un bâtiment patrimonial différent

Sur le toit d’un bâtiment ancien et juste en dessous, on trouve souvent :

  • Charpente de bois fatiguéeUne charpente et un pontage de bois qui ont subi des décennies d’infiltrations.
  • Ancien goudron-gravierUn vieux système goudron-gravier, c’est-à-dire plusieurs couches de feutre et de bitume recouvertes de gravier.
  • Parapets et puits de lumièreDes puits de lumière, des parapets en maçonnerie et des équipements mécaniques ajoutés au fil des années.
  • 5 %Pentes insuffisantesDes pentes d’écoulement insuffisantes, qui laissent l’eau stagner.

Ces conditions orientent trois décisions clés : le mode de pose de la membrane, l’étaiement de la charpente et la gestion des matériaux dangereux.

Toiture d’un bâtiment patrimonial : quelles autorisations ?

Le statut de l’immeuble détermine qui doit approuver les travaux.

  • Immeuble classé, situé dans un site patrimonial classé ou déclaré, ou dans une aire de protectionLa Loi sur le patrimoine culturel exige une autorisation du ministre de la Culture et des Communications pour les travaux visés ; pour un immeuble classé, cela comprend le fait de le modifier, de le restaurer ou de le réparer. Le Vieux-Montréal, par exemple, est un site patrimonial déclaré, où la Ville exerce aussi certains pouvoirs depuis 2018.
  • Immeuble cité par la municipalitéL’encadrement relève de la réglementation municipale.
  • Secteur d’intérêt patrimonialCertains arrondissements exigent une approbation selon un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). Le comité consultatif d’urbanisme examine alors le projet, puis le conseil d’arrondissement l’approuve ou le refuse, ce qui peut prendre quelques mois.

À Montréal, les demandes d’autorisation pour un immeuble patrimonial passent par le comptoir des permis de l’arrondissement. Ces démarches précèdent ou accompagnent la demande de permis : mieux vaut les intégrer à l’échéancier dès le départ.

Pourquoi privilégier la pose sans flamme

La pose traditionnelle d’une membrane élastomère se fait au chalumeau, dont la flamme dépasse 1 000 °C selon un assureur. Sur une charpente de bois ancienne, le risque est réel : un matériau combustible caché sous un solin ou dans une cavité peut couver, puis s’enflammer bien après le départ des couvreurs. Le Service de sécurité incendie de Montréal demande, pour les travaux par points chauds, une surveillance pendant les travaux et au moins 60 minutes après, ainsi qu’une inspection finale 4 heures après. Un grand assureur recommande même une surveillance d’au moins 3 heures après l’extinction des chalumeaux sur les chantiers de toiture.

Les solutions sans flamme réduisent ce risque à la source :

  • 1 000 °Ctempérature que peut dépasser la flamme d’un chalumeau, selon un assureur
  • 60 minde surveillance minimale après des travaux par points chauds, à Montréal
  • 4 heuresavant l’inspection finale qui suit ces travaux
  • Membrane TPO thermosoudée : les joints sont soudés à l’air chaud, sans flamme nue. Le système est léger et ses soudures s’inspectent visuellement.
  • Élastomère SBS posé sans flamme : membranes autoadhésives, adhésifs appliqués à froid ou scellement à l’air chaud. Les fabricants présentent ces systèmes comme adaptés aux bâtiments historiques et aux supports de bois.

L’étaiement de la charpente

Après des années d’infiltrations, des solives ou des poutres peuvent être affaiblies, alors que le chantier ajoute des charges : matériaux, travailleurs, équipement. L’étaiement temporaire soutient la charpente pendant l’arrachage et la réfection.

Sur ce type de toiture, l’étaiement suit un plan de structure signé et scellé par l’ingénieur mandaté par le client, membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Il est utile d’obtenir, avant l’intervention, une note de l’ingénieur qui précise le périmètre et la méthode de dégarnissage des plafonds, ainsi que le plan d’étaiement. Si un renforcement structural est nécessaire (solives, poutres, colonnes), il est conçu par l’ingénieur et chiffré à la réception de ses plans et devis.

Le levage des matériaux se fait souvent à la grue. À Montréal, occuper la voie publique avec des équipements, un conteneur ou une clôture de chantier demande un permis d’occupation temporaire du domaine public.

Amiante et plomb : repérer avant d’arracher

Dans un bâtiment ancien, plusieurs matériaux peuvent contenir de l’amiante. La CNESST cite notamment le carton bitumé pour toiture, les bardeaux d’asphalte, les composés à joints, les plâtres, les calorifuges (isolants de tuyauterie) et les flocages. Au Québec, un matériau est considéré comme amianté à partir d’une concentration de 0,1 %.

Le Code de sécurité pour les travaux de construction oblige l’employeur, avant d’entreprendre des travaux susceptibles d’émettre de la poussière d’amiante, à déterminer les types d’amiante présents dans les matériaux. En pratique, on prélève des échantillons représentatifs et on les fait analyser en laboratoire avant le dégarnissage. Pour le plomb, présent dans certaines vieilles peintures, la CNESST indique qu’un test de composition peut être fait avant des travaux de rénovation ou de démolition.

Si l’analyse confirme la présence d’amiante, le retrait se fait selon les méthodes de travail sécuritaires exigées par la CNESST (confinement, protection respiratoire, gestion des déchets). Ce volet est planifié et approuvé séparément.

Isolant en pente et drainage

La réfection est l’occasion de corriger le drainage. Un isolant rigide en polyisocyanurate posé en pente, d’épaisseur variable, reconstitue les pentes vers les drains et améliore la résistance thermique du toit. Un panneau support le recouvre avant la pose de la membrane. Les solins, contre-solins et calfeutrages sont refaits aux parapets, à la maçonnerie et au pourtour des puits de lumière, puis les drains sont nettoyés et soumis à des essais d’écoulement.

Comment Construction AIM procède

  • Visite et évaluation de la toiture, des plafonds du dernier étage et des accès, avec le rapport de l’ingénieur du client.
  • Soumission détaillée, souvent en deux versions (TPO thermosoudée ou élastomère SBS posé sans flamme), avec inclusions, exclusions techniques et administratives, conditions et échéancier.
  • Dépistage de l’amiante et du plomb inclus avant le dégarnissage ; le retrait est exclu sauf mention écrite et, si la présence est confirmée, il fait l’objet d’un avenant approuvé par écrit.
  • Étaiement selon le plan signé et scellé de l’ingénieur ; renforcement chiffré séparément sur réception de ses plans et devis.
  • Bâtiment occupé : cloisons anti-poussière, protection des accès, gestion du bruit et coordination avec les occupants.
  • Démolition ciblée des plafonds, limitée aux zones nécessaires.
  • Exécution conforme au Code de construction du Québec, aux règles de la CNESST et aux règlements municipaux ; paiements selon l’avancement et, pour les projets commerciaux, retenue de 10 % libérée à la réception.

Questions fréquentes

La pose au chalumeau est-elle interdite sur un bâtiment patrimonial ?

Pas nécessairement, et les exigences varient d’un bâtiment à l’autre. Le risque d’incendie sur une charpente de bois ancienne justifie toutefois de privilégier un procédé sans flamme, que l’assureur du bâtiment ou le devis de l’ingénieur peut aussi exiger.

Qui s’occupe des autorisations patrimoniales ?

Le propriétaire présente la demande, et nous coordonnons avec lui les documents techniques nécessaires. Les permis municipaux et les autorisations ne font pas partie de nos soumissions.

Peut-on rester dans l’immeuble pendant les travaux ?

Souvent, oui. Les travaux se concentrent sur le toit et sur des zones ciblées du dernier étage, isolées par des cloisons anti-poussière, et les interventions bruyantes sont planifiées avec les occupants.

Combien coûte la réfection de la toiture d’un bâtiment patrimonial ?

Nos prix sont établis à partir des taux de salaire en vigueur de la Commission de la construction du Québec (CCQ), fixés par les conventions collectives du secteur visé (résidentiel, institutionnel et commercial, industriel), auxquels s’ajoutent les matériaux et l’équipement propres à chaque chantier. Chaque soumission est gratuite, détaillée et préparée après une visite des lieux.

Que se passe-t-il si le pontage de bois est pourri sous l’ancienne toiture ?

Le pontage additionnel à remplacer n’est visible qu’une fois l’ancienne toiture arrachée. Nous documentons la zone touchée, l’ingénieur confirme la solution au besoin, et le remplacement est approuvé par écrit avant son exécution.

Parlons de votre projet

Vous gérez un bâtiment patrimonial dont la toiture doit être refaite ? Nous visitons les lieux et préparons une soumission gratuite et détaillée après la visite. Nous intervenons à Montréal, à Laval, sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord.

Demander une soumission gratuite(514) 654-9184

Portée de ce guide. Ce contenu est de nature générale. Il ne remplace ni une visite des lieux, ni l’avis d’un ingénieur ou d’un autre professionnel portant sur un bâtiment précis. La portée, le prix et les conditions de tous travaux sont établis uniquement dans une soumission écrite.